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Système PABS L'ISP participe cette semaine aux discussions de l'OMS sur l'équité en matière de pandémie, dont les enjeux sont considérables
L'ISP participe activement au dernier cycle de négociations cruciales à l'Organisation mondiale de la Santé cette semaine, alors que les gouvernements s'efforcent de finaliser la pièce manquante de l'Accord mondial sur les pandémies : le système d'accès aux agents pathogènes et de partage des avantages (Pathogen Access and Benefit-Sharing - PABS).
Baba Aye
Pedro Villardi
La sixième réunion du Groupe de Travail Intergouvernemental (IGWG) se tient du 23 au 28 mars à Genève. Ses résultats détermineront si l'Accord sur les pandémies - adopté en mai 2025 - apporte une réelle équité ou répète les échecs de la COVID-19.
Pedro Villardi, Coordinateur mondial de l'ISP pour l'équité en matière de santé, et Baba Aye, Responsable du secteur de la santé et des services sociaux de l'ISP, représentent l'ISP lors de plusieurs sessions des discussions du Groupe de Travail Intergouvernemental. Baba Aye s'exprime également au nom du Geneva Global Health Hub (G2H2).
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The sixth meeting of the Intergovernmental Working Group (IGWG) runs from 23–28 March in Geneva. Its outcome will determine whether the Pandemic Agreement - adopted in May 2025 - delivers real equity or repeats the failures of COVID-19.
Pandemic Agreement Annex on PABS - Pedro Villardi, PSI’s Global coordinator for Health Equity
Lire la déclaration complète (première session)
Merci, Monsieur le Président,
L'Internationale des Services Publics est une fédération syndicale internationale qui représente plus de 15 millions de travailleurs.euses du secteur de la santé.
Nous ne discutons pas ici de libre accès à la science. Si les pays qui font aujourd'hui pression pour obtenir un accès illimité aux agents pathogènes, aux séquences génétiques et aux informations s'en préoccupaient, la dérogation aux ADPIC aurait été approuvée sans délai pendant la pandémie. Le libre accès ne signifie pas l'extractivisme des données, mais plutôt la prévention de la monopolisation et de la privatisation des technologies de la santé.
Par conséquent, les pays riches en biodiversité ne devraient pas être invités à signer un instrument qui institutionnaliserait leurs échanges sans mécanismes visant à empêcher la privatisation des avantages qui en découlent.
Les bases de données PABS doivent comporter des éléments obligatoires tels que l'enregistrement des utilisateurs.trices, des accords d'accès aux données, l'attribution d'identifiants uniques et permanents aux matériels PABS, ainsi que des dispositions transparentes et juridiquement contraignantes pour les échanges ultérieurs. Sans cela, le système donnera la priorité aux besoins des entreprises plutôt qu'à ceux des patient.e.s ou du personnel de santé. Cela compromet le travail de l'INB lui-même, qui a inclus dans l'Article 7 la garantie d'un "accès prioritaire aux technologies de la santé" pour les travailleurs.euses du secteur de la santé. Pire encore : cela institutionnalise la notion cruelle selon laquelle certaines vies valent plus que d'autres.
Les pays doivent s'efforcer de mettre en place un système de PABS qui garantisse la prévisibilité, la sécurité juridique et la solidarité mondiale. Un système PABS juste et équitable peut sauver des vies. Nous ne devons pas utiliser le multilatéralisme comme prétexte pour légaliser la poursuite de l'extractivisme et des décès évitables.
Lire la déclaration complète (deuxième session)
Merci, Monsieur le Président.
L'Internationale des Services Publics est une fédération syndicale internationale qui représente plus de 30 millions de travailleurs.euses dans 157 pays.
Les États membres devraient continuer à travailler à une approche égale des deux piliers. Les négociations doivent se dérouler sur la base des meilleures preuves et pratiques disponibles. Nous disposons d'innombrables exemples montrant que l'enregistrement des utilisateurs.trices, les contrats normalisés et les conditions générales contraignantes fonctionnent dans la pratique.
Les règlements de l'Espace européen des données de santé sur l'utilisation primaire et secondaire des données de santé électroniques favorisent la transparence, la responsabilité et la biosécurité. Le cadre PIP démontre la facilité et l'efficacité des contrats standard de partage des avantages, signés dès le départ. La politique d'enregistrement des utilisateurs.trices de la base de données GISAID n'a pas empêché les scientifiques de se connecter facilement. Cela montre que l'enregistrement des utilisateurs.trices n'entrave pas la collaboration scientifique. Pourquoi est-ce un obstacle ? Pourquoi ne pas s'en servir comme modèle pour le système PABS ? Pourquoi continuer à promouvoir une double norme dans le monde ?
La science ouverte n'est pas synonyme de mépris total du droit international, de perpétuation de l'extraction coloniale et d'ouverture à la biopiraterie. La science ouverte signifie que les technologies doivent rester dans le domaine public, et non faire l'objet de monopoles privés. Comment peut-on avoir peur d'un instrument qui crée de la prévisibilité, de la sûreté, de la sécurité et qui favorise le progrès de la science ? Si tel est le cas, l'enregistrement des utilisateurs.trices, les contrats normalisés et les conditions générales contraignantes ne devraient pas être redoutés, mais constituer l'objectif à atteindre.
Enfin, Monsieur le Président, la conclusion des négociations ne doit pas être une fin en soi. L'objectif doit être de créer un instrument solide qui favorise une réponse plus équitable que la honte que nous avons connue lors de la pandémie de COVID-19.
Ils interviennent fermement au nom des travailleurs.euses et des syndicats de la santé publique, exhortant les gouvernements à faire passer les personnes et les travailleurs.euses de la santé publique avant les profits des entreprises dans le cadre du PABS, soulignant la nécessité d'un système véritablement contraignant qui empêche la biopiraterie et garantisse un accès équitable aux vaccins, aux traitements et aux diagnostics pour tous les pays.
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The sixth meeting of the Intergovernmental Working Group (IGWG) runs from 23–28 March in Geneva. Its outcome will determine whether the Pandemic Agreement - adopted in May 2025 - delivers real equity or repeats the failures of COVID-19.
Pandemic Agreement Annex on PABS - Baba Aye, PSI’s Health and Social Care Services Sector Officer
Lire la déclaration complète (première session)
Merci, Monsieur le Président,
L'ISP est une fédération syndicale internationale représentant plus de 30 millions de travailleurs.euses dans le monde, dont plus de la moitié dans le secteur de la santé.
Cette discussion ne porte pas sur la science ouverte ou l'accès ouvert. Si les pays qui font aujourd'hui pression pour obtenir un accès illimité aux agents pathogènes, aux séquences génétiques et à l'information se préoccupaient du libre accès, la dérogation aux ADPIC aurait été approuvée sans délai pendant la pandémie. Le libre accès signifie empêcher la monopolisation et la privatisation des technologies
Par conséquent, les pays riches en biodiversité ne devraient pas être invités à signer un instrument qui institutionnaliserait leur partage sans mécanismes empêchant la privatisation des avantages qui en découlent.
Cette discussion a lieu parce que la pandémie de COVID-19 a prouvé qu'il existe un déséquilibre qu'il convient de corriger. Les bases de données PABS doivent comporter des éléments obligatoires tels que l'enregistrement des utilisateurs.trices, les accords d'accès aux données, l'attribution d'identifiants uniques et persistants aux matériels PABS et des dispositions transparentes et juridiquement contraignantes en matière de partage des données. Sans cela, le système PABS privilégiera les besoins des fabricants commerciaux, et non ceux des patient.e.s ou des professionnel.le.s de la santé. Cela va à l'encontre de l'exigence de l'Article 7 de garantir "l'accès prioritaire aux technologies de la santé" pour les travailleurs.euses de la santé et les travailleurs.euses essentiel.le.s. Pire encore : ce système institutionnalisera la cruelle idée que certaines vies valent plus que d'autres.
Les pays doivent s'efforcer de mettre en place un système PABS qui garantisse la prévisibilité, la sécurité juridique et la solidarité mondiale. Un système d'APA juste et équitable peut sauver des vies. Un système comportant des lacunes sanctionnera la poursuite de l'extractivisme et des décès évitables. Les délégations ne doivent pas être poussées à adopter un texte déséquilibré qui ne sert que les intérêts des pays développés et des entreprises.
Lire la déclaration complète (deuxième session)
Le droit international en vigueur reconnaît les droits souverains des États sur les agents pathogènes présents sur leur territoire. La CDB et le protocole de Nagoya consacrent déjà leur droit à conclure des accords d'APA. Si l'Annexe de la PABS ignorait le droit international établi, elle présenterait à tout le moins une grave incohérence qui nuirait à l'établissement de règles multilatérales. Il ne s'agit pas d'un vote en faveur d'une science ouverte. Cela reviendrait à défier la volonté collective des nations. Et avec la trajectoire palpable du discours ici, il ne peut qu'émerger comme une position imposée sur une position majoritaire pour l'équité, indépendamment d'une forme consensuelle possible.
Nous ne devons pas promouvoir un faux dilemme entre la R&D et l'innovation, d'une part, et la souveraineté reconnue des États et le besoin urgent d'équité en matière de santé, d'autre part, surtout si l'on considère l'expérience de l'impérialisme vaccinal lors de la pandémie de COVID-19.
Nous nous souvenons de la lettre ouverte "Sauvez des vies lors de la prochaine pandémie : assurez l'équité vaccinale dès maintenant" adressée par deux cent quatre-vingt-dix scientifiques de 36 pays à l'INB il y a deux ans. Comme ils l'ont fait valoir, et comme l'ont répété la plupart des États membres au sein du GTIG, un système équitable de partage des bénéfices, associé à un accès traçable et responsable, serait la science au service de la science et améliorerait la prévention, la préparation et la réponse aux pandémies.
Nous exhortons donc tous les États membres à soutenir l'élaboration d'une annexe au PABS qui prévoie l'enregistrement et la vérification des utilisateurs.trices afin de garantir la biosécurité et la sûreté biologique, et qui rende obligatoire un système équitable de partage des avantages, pour assurer l'équité en matière de santé mondiale et la préparation et la réponse aux pandémies.
Deux lettres adressées aux pays du Nord global sont d'autres documents importants partagés au cours des négociations. L'une émane du Secrétaire général de l'ISP, Daniel Bertossa, et l'autre de la Fédération inter-américaine de la Santé de l'ISP. Ces lettres appellent les nations les plus riches à faire preuve d'un engagement politique plus fort en faveur de l'équité en soutenant un système solide et contraignant de partage des bénéfices dans le cadre de la PABS.
Le système PABS est conçu pour garantir que les pays qui partagent des agents pathogènes et des données sur les séquences génétiques reçoivent en retour des avantages garantis et en temps voulu, ce qui permet de remédier aux profondes inégalités mises en évidence lors de la dernière pandémie. Les pays en développement réclament des mesures d'équité exécutoires, tandis que les pays riches défendent largement l'approche volontaire actuelle.
À quelques jours de la tenue de l'Assemblée mondiale de la Santé de mai 2026, l'ISP et ses alliés de la société civile appellent les gouvernements à fournir une annexe PABS équitable, transparente et juridiquement solide, qui tire les leçons de la COVID-19.
Une vidéo explicative commune de l'ISP, de Third World Network et de G2H2 explique plus en détail la bataille autour de la PABS :
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The world has adopted a Pandemic Treaty to prevent future health emergencies and avoid the inequities of COVID-19. But a core piece is still unresolved: the Pathogen Access and Benefit Sharing System (PABS), which would govern how pathogens and sequence data are shared and how benefits like vaccines, therapeutics, and diagnostics are distributed.
Pandemic Agreement - the Pathogen Access and Benefit Sharing System explainer
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Le 20 mai 2025, la 78e Assemblée mondiale de la Ssanté a adopté l'Accord de l'OMS sur les pandémies après trois ans de négociations au sein de l'INB. L'Article 12 (Accès aux agents pathogènes et partage des avantages) n'a pas fait l'objet d'un consensus. Un groupe de travail intergouvernemental a été créé pour négocier une annexe sur l'accès aux agents pathogènes et le partage des avantages. La sixième réunion est prévue du 23 au 28 mars 2026, l'adoption étant attendue lors de l'AMS79 en mai 2026.

