Myanmar Les pensions des travailleurs.euses ne doivent pas financer la junte militaire du Myanmar
L'ISP exhorte les syndicats à agir après que l'OIT a invoqué ses sanctions les plus sévères au titre de l'Article 33 à l'encontre du Myanmar. La campagne appelle les fonds de pension à vérifier et à se désinvestir des entreprises liées à la junte militaire, car l'épargne retraite des travailleurs.euses ne doit pas financer la répression.
Jyotsna Singh
L'ISP intensifie sa campagne mondiale pour s'assurer que l'épargne retraite des travailleurs.euses n'est pas complice de la répression brutale qui sévit au Myanmar. Depuis le coup d'État militaire de février 2021, le pays est le théâtre de violations graves et systématiques des droits humains, de déplacements massifs et de l'effondrement des services publics essentiels. En juin 2025, l'Organisation internationale du Travail (OIT) a invoqué les sanctions prévues à l'Article 33 - son niveau d'action le plus élevé - contre la junte militaire du Myanmar, ce qui est sans précédent. C'est seulement la troisième fois dans son histoire que l'OIT a recours à cette mesure extrême. Cette action fait suite à l'incapacité de la junte à répondre aux constats de travail forcé généralisé et de violations de la liberté d'association depuis le coup d'État de 2021, ce qui a incité l'OIT à exhorter les membres mondiaux à rompre les liens qui soutiennent l'armée.
Dans ce contexte, l'ISP demande aux syndicats du monde entier de veiller à ce que les investissements des travailleurs.euses ne permettent pas à la junte de commettre des abus. Nous demandons instamment aux affiliés d'agir rapidement et de manière décisive.
La campagne invite les syndicats et les membres des fonds de pension à envoyer une lettre type aux administrateurs de leurs fonds de pension pour exiger une révision immédiate des portefeuilles d'investissement. Il est très préoccupant que l'épargne retraite des travailleurs.euses soit exposée à des sociétés cotées en bourse - notamment POSCO, KDDI, Sumitomo, PTT/PTTEP, GAIL, ONGC, BEL, Sinotruk et AviChina - qui fournissent des fonds, des armes ou des technologies liés aux autorités militaires du Myanmar. L'ISP insiste sur le fait que les fonds de pension doivent vérifier de toute urgence s'ils sont exposés à de tels risques et se désinvestir si nécessaire, conformément à leurs responsabilités en matière de droits humains et à leurs obligations fiduciaires.
Cette initiative reflète l'engagement plus large de l'ISP - réaffirmé lors de la 15e Conférence régionale Asie-Pacifique (APRECON) à Katmandou - de se montrer solidaire avec les travailleurs.euses et la population du Myanmar. Avec près de millions de personnes nécessitant une aide humanitaire et des millions d'autres déjà déplacées, les enjeux sont extrêmement importants.
Les pensions des travailleurs.euses devraient permettre de construire un avenir sûr et des services publics solides, et non de financer la répression. Les syndicats de toute la région sont appelés à traduire la solidarité en actions financières concrètes.
Lettre syndicale type aux fonds de pension
Résolution de l'ISP lors de l'APRECON 2025
