La Voix des dirigeantes syndicales à la CSW70

Quatre dirigeantes de syndicats de l'ISP présentes à la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement expliquent pourquoi les soins sont un droit humain. S'appuyant sur les discussions récentes autour des conclusions concertées, elles offrent un aperçu convaincant de ce qui est en jeu et de ce qui doit changer.

Partout dans le monde, les dirigeantes syndicales défendent un point de vue puissant et unifié : les soins doivent être reconnus non pas comme une marchandise, mais comme un droit humain fondamental. Au cœur de ce mouvement, les syndicats transforment les engagements internationaux, tels que les conclusions concertées de la Commission des Nations unies sur le statut de la femme (UNCSW), en actions concrètes pour les travailleurs.euses et les communautés.

Les syndicats, moteurs du changement au Royaume-Uni

Catherine McKenna, de l'UNISON, souligne le rôle décisif joué par son syndicat dans la mise en avant des soins sociaux dans l'agenda politique. UNISON fait activement pression sur le gouvernement britannique pour qu'il fasse de l'aide sociale sa priorité numéro un, en veillant à ce que les promesses se traduisent par des services réels et accessibles à tous.

Mais le travail d'UNISON ne se limite pas à la défense des intérêts. Le syndicat organise les travailleurs.euses de l'aide sociale, fait campagne pour des salaires et des conditions équitables et s'oppose à la marchandisation de l'aide sociale qui a érodé les normes dans l'ensemble du secteur. En travaillant directement avec le gouvernement tout en maintenant la pression sur le terrain, UNISON démontre que les syndicats peuvent à la fois influencer la politique et demander des comptes au pouvoir.

Leur objectif est clair : un système de soins universel fondé sur les droits, et non sur le profit, et une main-d'œuvre reconnue comme des professionnels qualifiés, et non comme une main-d'œuvre sous-évaluée.

Transformer les engagements mondiaux en gains sur le lieu de travail

Au Québec, Nadine Bédard-St-Pierre de la CSQ montre comment les syndicats utilisent les conclusions concertées de la CNUDCI comme outil pratique dans les négociations et le dialogue social. Pour la CSQ, ces accords renforcent leur position à la table des négociations et fournissent un cadre pour exiger des changements systémiques.

Le syndicat en tire parti pour réclamer l'équité salariale, une rémunération adéquate pour toutes les heures travaillées, des congés parentaux et familiaux plus importants et des modalités de travail plus souples. En même temps, la CSQ mène des efforts pour rendre visible le travail invisible des femmes, en se mobilisant autour d'une "éthique des soins" qui valorise les compétences relationnelles et émotionnelles au cœur du travail de soins.

Il s'agit là d'une action syndicale des plus efficaces : relier les normes internationales aux réalités quotidiennes du travail, tout en poussant les gouvernements à financer adéquatement les services publics.

Résister à la marchandisation des soins

Françoise Ramel, de la FIQ, souligne le rôle crucial que jouent les syndicats dans la résistance à la tendance à considérer les soins comme une marchandise économique. La FIQ mène une campagne active contre les politiques qui introduisent une logique de marché dans les soins de santé, avertissant que cela conduit directement à l'inégalité et à l'exclusion.

Par ses activités de plaidoyer et d'engagement public, le syndicat s'oppose à la privatisation et défend le principe selon lequel les soins sont une nécessité et non un produit. La FIQ souligne également que la marchandisation des soins occulte l'énorme quantité de travail non rémunéré effectué par les femmes - un travail qui reste essentiel mais non reconnu.

Leur demande est sans équivoque : les soins doivent être consacrés comme un droit humain, garanti par des systèmes solides et financés par l'État.

Défendre les services publics contre la privatisation

Sophie Ferguson, du SPGQ, illustre la façon dont les syndicats agissent comme une défense de première ligne contre l'érosion des services publics. Au Québec, le SPGQ s'est opposé avec force aux suppressions d'emplois et aux mesures d'austérité qui affaiblissent les systèmes de santé.

En exposant les conséquences réelles - perte d'expertise, accès réduit et baisse de la qualité - le syndicat tient les gouvernements responsables des décisions qui privilégient les économies à court terme au détriment du bien public à long terme. Leur travail met en lumière une vérité essentielle : lorsque les systèmes publics sont affaiblis, la privatisation s'ensuit, souvent à un coût plus élevé et avec une qualité moindre pour le public.

Un mouvement collectif pour le droit aux soins

Dans différentes régions, ces syndicats partagent une stratégie commune : organiser les travailleurs.euses, influencer les politiques et mobiliser la société pour que les soins redeviennent un bien public. Ils ne se contentent pas d'améliorer les conditions de travail de leurs membres, ils remodèlent également la manière dont les soins sont évalués et dispensés.

Les conclusions concertées de l'UNCSW fournissent un cadre important, mais c'est le travail soutenu des syndicats qui donne vie à ces principes. Par la négociation, les campagnes et le dialogue social, les syndicats transforment les engagements en droits.

Leur message est clair et urgent : les soins ne sont pas une marchandise, c'est un droit humain. Et c'est grâce à une action syndicale forte et collective que ce droit sera garanti à chacun.

Parce qu'à leur meilleur, les soins font plus que soutenir les individus, ils soutiennent les sociétés. Les syndicats mènent le combat pour qu'ils soient protégés, valorisés et universellement accessibles.

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