À l’occasion de la Journée mondiale des services publics, l’ISP déclare que le débat autour des privatisations est toujours d’actualité. Nous nous opposons à l’idéologie qui livre nos ressources collectives à des entreprises à but lucratif et transforme les gens en simples consommateurs, dépourvus de droits.

Il y a plus de 40 ans, le Chili de Pinochet, le Royaume-Uni de Thatcher et les États-Unis de Reagan nous entrainaient dans une vague de privatisations des services publics de grande envergure, amplifiées par les programmes d’ajustement structurel du FMI et les conditionnalités imposées aux pays en développement par la Banque mondiale.

Avec l’expérience de la privatisation, il ne s’agissait pas de viser une « plus grande efficacité », mais d’affaiblir le rôle des gouvernements et de réduire les droits de tous.

L’Internationale des services publics et ses affiliés ont vécu concrètement le coût de cette immense expérience sociale – l’accroissement des inégalités, l’instabilité sociale, la perte de confiance dans nos institutions démocratiques, la faiblesse et la timidité des gouvernements face à la montée en puissance des entreprises.

Les promesses mensongères de la privatisation confortent les Objectifs de développement durable des Nations Unies et le financement des politiques de développement. Le G20, la Banque mondiale et l’OCDE font l’impossible pour livrer le vieux vin aigre de la privatisation dans de nouvelles bouteilles. Et le lobby des entreprises salive à la perspective des profits infinis tirés de l’exploitation des services publics.

Néanmoins, les administrations locales sont de plus en plus désabusées par les promesses fallacieuses des privatisations qui sont loin d’assurer un accès universel à des services publics de qualité dans leurs communautés. Des villes, de plus en plus nombreuses, réintègrent les services privatisés dans le giron public. La remunicipalisation est une tendance en hausse, de même que d’autres formes de prestation de services publics locaux.

Paris a repris le contrôle de sa compagnie de distribution d’eau après 25 ans de gestion à but lucratif. Depuis qu’elle en a repris la charge, la ville a été en mesure d’abaisser les tarifs de l’eau de 8 pour cent entre 2011 et 2015 (comparé aux 260 pour cent de hausse entre 1985 et 2008). Les citoyen(ne)s comme les travailleurs/euses participent aux conseils d’administration et la compagnie des eaux fait progresser les priorités sociales et environnementales. Plus de 100 villes françaises ont repris le contrôle de leur compagnie de distribution d’eau, notamment Grenoble, Montpellier, Rennes et Nice.

Récemment, le gouvernement du Cameroun a décidé de ne pas renouveler son contrat privé de distribution d’eau, car l’entreprise privée s’est montrée incapable de respecter le contrat prévoyant d’étendre les services.

La ville de Delhi, en Inde, a créé des centres publics de santé communautaire dans les quartiers pauvres, car ils n’étaient pas desservis par les prestataires privés. Pour un coût modéré, plus de 2,6 millions d’habitant(e)s parmi les plus pauvres de Delhi ont ainsi bénéficié de soins médicaux gratuits.

En Australie, l’État du Queensland a créé sa propre compagnie publique d’énergie entièrement renouvelable afin de tenir son engagement de produire 50 pour cent de son électricité à partir d’énergies renouvelables d’ici 2030.

La ville de Barcelone n’a pas renouvelé son contrat avec le prestataire privé et a créé un service public, Barcelona Energia, afin de mettre en œuvre les politiques d’énergie renouvelable de la ville.

À l’occasion de la Journée mondiale des services publics, l’ISP déclare que le débat autour des privatisations est toujours d’actualité. Nous nous opposons à l’idéologie qui livre nos ressources collectives à des entreprises à but lucratif et transforme les gens en simples consommateurs, dépourvus de droits.

La vérité toute nue est que les entreprises privées à but lucratif sont, par nature, incapables d’assurer un accès universel à des services publics de qualité, ni pour les populations ni au profit de la planète. 

Journée mondiale des services publics - affiche

À l’occasion de la Journée mondiale des services publics, l’ISP déclare que le débat autour des privatisations est toujours d’actualité. Nous nous opposons à l’idéologie qui livre nos ressources collectives à des entreprises à but lucratif et transforme les gens en simples consommateurs, dépourvus de droits.