La riposte À Saint-Martin, les pompiers ont mis fin à une grève du « zèle » qui durait depuis un an, le gouvernement ayant signé un accord.
Déterminés à obtenir le règlement de griefs de longue date concernant le placement formel, l'avancement de carrière et la rémunération rétro-active, les pompiers se sont battus pendant près d'un an dans le cadre d'une action "au ralenti".
Sandra Massiah
Il y a un an, en avril 2025, les pompiers de Saint-Martin ont entamé leur action, exigeant le respect de leur travail en tant que travailleurs.euses essentiel.le.s qui assurent la sécurité publique. Ils/Elles ont exigé d'être traité.e.s avec respect et de jouir de leurs droits et de leur dignité en tant qu'êtres humains.
Après avoir rencontré le corps législatif en août de l'année dernière, le Windward Islands Civil Servants Union-Private Sector Union (WICSU-PSU) a fait état de la frustration persistante des pompiers, démoralisé.e.s par l'absence de réponse efficace et l'inaction face aux mauvaises conditions de travail et à d'autres griefs. Les pompiers, cette fois-ci avec les ambulancier.e.s, ont décidé de mener une grève "du zèle" pour faire valoir leurs revendications. Les membres de la WICSU-PSU et d'autres syndicats de St. Maarten se sont montrés solidaires, exigeant une action de la part du Premier ministre, qui est également Ministre des Affaires générales et Responsable de la Fonction publique.

Saint-Martin est un pays appartenant au Royaume des Pays-Bas ; il fait partie des Caraïbes néerlandaises et partage une île avec la France. Saint-Martin occupe 34 km2 des 87 km2 de l'île. Son service d'incendie est responsable de la sécurité des citoyen.ne.s et des touristes en prévenant, réduisant et combattant les incendies, les accidents et les catastrophes. Au service d'une population diversifiée d'un peu plus de 58 000 personnes, le service d'incendie emploie cinquante-quatre personnes, dont 36 sont des pompiers actifs. Six retraité.e.s et deux bénéficiaires d'une pension ont été invité.e.s à reprendre le travail.
Après un certain nombre de réunions entre l'employeur et le syndicat, les travailleurs.euses ont demandé que les décisions et les engagements pris lors de ces réunions soient inclus dans une convention signée par le Premier ministre en sa qualité de Ministre responsable de la fonction publique. Ce pacte constituerait alors la base des négociations, portant notamment sur :
La correction et la finalisation du cahier des charges,
les affectations, les promotions et les affectations et rémunérations rétro-actives,
l'engagement de disposer d'un accord complet et d'un cadre juridique,
Des Négociations et une médiation neutre
Mais la signature de la convention s'est heurtée à des résistances. Avec la nomination d'un médiateur, les travailleurs.euses espéraient une conclusion rapide du conflit. Mais au début de l'année, les femmes et les hommes du service d'incendie ont dû faire face à de nouveaux retards. En réponse à l'affirmation selon laquelle d'autres étaient "derrière tout cela", Eric Chase, Délégué syndical principal du WICSU-PSU et membre du conseil d'administration, a déclaré catégoriquement que "la force du syndicat vient de ses membres. Le syndicat n'agit pas indépendamment de nous, il agit avec nous, sous notre direction et notre mandat".
E. Chase a ajouté : " Notre approche est restée mesurée, légale et axée sur les solutions. Nous avons respecté le processus de médiation et les institutions impliquées. (...) Nous sommes resté.e.s engagé.e.s dans le dialogue, l'équité et la résolution, tout en restant fermement attaché.e.s aux accords qui avaient déjà été conclus et documentés ".
Le document signé le 10 avril couvre le personnel actif et retraité du service des pompiers, clarifie et résout les questions fondamentales relatives au placement officiel, à l'avancement de carrière et à la compensation rétro-active. Il établit un cadre structuré et transparent pour corriger les lacunes du passé et garantir un traitement équitable aux pompiers actifs et retraités, "en reconnaissance de leurs services et contributions inestimables à Saint-Martin". Pour les pompiers retraités, cela signifie que leurs services et l'impact des divergences passées sont reconnus et pris en compte dans le cadre de ce processus.
Lors de la signature, le Premier ministre Luc Mercelina a déclaré : " Cet accord reflète l'engagement de notre gouvernement en faveur d'une bonne gouvernance et d'une politique du personnel saine. Nous corrigeons les lacunes du passé et construisons un système plus fort et plus équitable qui soutient les hommes et les femmes qui assurent la sécurité de notre pays ". En outre, le gouvernement s'est engagé à procéder à une révision complète du cahier des charges des pompiers. Ce processus de révision devrait commencer avant la fin de l'année.
Sharon Cangieter, Présidente de WICSU-PSU, ajoute : " La bataille a été longue et difficile. Les pompiers, rejoints par d'autres premiers intervenants, ont démontré leur détermination à se battre pour leurs droits et pour la justice. Ils/Elles ont montré à tous les travailleurs.euses l'importance de travailler ensemble, de se soutenir mutuellement dans un but commun - la solidarité. Ils/Elles aiment tous leur travail et veulent servir efficacement le public. Le WICSU-PSU attend avec impatience le début des négociations ".
En savoir plus
Les membres de l'affilié de l'ISP WICSU-PSU, les pompiers et les ambulanciers de St Maarten protestent contre des années de manque de respect et de conditions de travail dangereuses qui mettent leur vie en danger et entravent la prestation des services publics.
