L'inaction gouvernementale sur le volet climatique est due en grande partie à l'influence excessive des entreprises sur le processus politique.

Les multinationales de l’énergie (pétrole, gaz, charbon) exercent une influence inouïe sur les gouvernements les plus puissants, et bloquent ainsi les changements de politique indispensables.

La situation ne saurait être plus sérieuse, la température du globe s’est déjà élevée d’un degré depuis l’ère préindustrielle et la fonte des glaciers et le réchauffement des océans est plus rapide que ce que n’avait prévu le GIEC (groupe d’experts inter-gouvernemental sur l’évolution du climat).

Le chaos climatique est déjà une réalité pour bon nombre de petits États insulaires et de communautés côtières. Les signaux d’alerte ne cessent de se manifester : méga inondations, ouragans, augmentation des migrations climatiques et il est clair que sans prise de mesures, la pérennité de notre écosystème est menacée. Les fonctionnaires, en première ligne lors de catastrophes climatiques, saisissent pleinement l’urgence de la situation. Ils ressentent directement sur le terrain le besoin de décisions politiques à même de réduire le réchauffement de la planète.

Malgré tout cela, l’accord de paris sur le climat n’a pas mis en place d’outils contraignants capable d’obliger les entreprises à prendre leurs responsabilités. Il ne permettra pas non plus aux états de remplir leurs objectifs en termes d’émissions. Après 25 ans de négociations, les gouvernements n’ont su se mettre d'accord que sur des mesures qui entraîneront une augmentation de 3°C de la température moyenne du globe, ce qui engendrera la dévastation d’écosystèmes entiers, provoquera l'extinction d'espèces et entraînera des souffrances humaines indicibles.

Les syndicats doivent s'attaquer plus activement à ce problème crucial. Assurer une transition équitable aux travailleurs/euses touchés par le passage à une production d'énergie bas carbone est une étape importante.

Comment en sommes-nous arrivés là ?

L'extraction et l’utilisation des combustibles fossiles sont à la base de la révolution industrielle du XIXe siècle.

La société entière s’est construite autour de ce modèle industriel, avec ses principes et ses inégalités sociales inhérentes : brûler des combustibles fossiles ne permettait pas uniquement d’accéder au travail mécanique, cela assurait surtout le contrôle des travailleurs/euses.

La première révolution industrielle a consisté à extraire des profits du charbon et des travailleurs/euses.

Malheureusement peu de choses ont changé. Des ressources naturelles et une main-d'œuvre bon marché sont toujours les principaux intrants de l'industrie et, de plus en plus, ceux du secteur des services.

Le fait que, dans la plupart des pays, les travailleurs aient concédé le contrôle des outils de production au capital, oblige le mouvement syndical à inventer de nouveaux mécanismes pour faire valoir ses revendications de justice et d'équité.

Cela signifie également que la plupart des sociétés sont incapables de mettre fin rapidement à la consommation de combustibles fossiles, les multinationales de l’énergie ayant accumulé d’énormes pouvoirs financiers, industriels et politiques.


Une menace urgente

Nous ne pouvons tout simplement pas lutter contre le réchauffement de la planète par des changements progressifs. Nous avons besoin d'un changement rapide de système pour espérer atténuer les conséquences désastreuses prévues.

150 million

d’individus seront forcés d'émigrer suite au changement climatique, à moins que des mesures radicales ne soient prises

71 %

du total des émissions de CO2 sont imputables à 100 entreprises

$2 milliard

sont dépensés par les lobbies pétroliers pour ralentir la transition vers une économie plus verte

Combattre le lobby pétrolier

Une transition juste et équitable requiert une intervention gouvernementale profonde et déterminée. Le gouvernement doit imposer le cadre stratégique et établir les outils juridiques et réglementaires nécessaires pour imposer cette transition. Evidemment, ce genre de politique va à l'encontre des intérêts des multinationales de l’énergie, qui par ailleurs ont une influence énorme sur le monde politique.

Les travailleurs/euses et les syndicats du secteur de l'énergie doivent prendre conscience qu'ils ne pourront gagner ce combat seuls. Ils ont besoin d'alliés. Ils doivent s’associer au reste de la société civile et porter des revendications politiques qui ne pourront plus être ignorées.

Selon les estimations, 75 % des coûts de réduction des émissions de carbone devront provenir des budgets publics.

Résister à la privatisation de l'énergie

Le modèle néo-libéral de dérégulation, démembrement et privatisation est un échec à double titre.

D’abord pour les travailleurs/euses du secteur énergétique qui voient leurs salaires et leurs conditions de travail se détériorer en même temps que leurs syndicats anéantis.

Et ensuite pour la société civile et les familles qui voient les tarifs de l’énergie augmenter et venir alimenter les bénéfices des entreprises, bénéfices qu’elles distribueront en dividendes aux actionnaires ou qu’elles dépenseront en campagnes de publicité massives et coûteuses pour des produits rigoureusement identiques.

La seule manière de réussir la transition énergétique dont nous avons collectivement besoin est de donner la capacité au secteur public d’investir dans les énergies renouvelables et de leur en confier la gouvernance et la propriété.


Les Syndicats pour la Démocratie Energétique (TUED)

L’ISP participe à TUED, une coalition syndicale consacrée à la promotion d’une transition vers une économie plus propre et plus verte qui soit en faveur des travailleurs/euses et du secteur public.

Site Web de TUED

Nous n’avons plus le temps de tourner autour du pot

L’abandon des combustibles fossiles nécessite une politique publique audacieuse garantissant une situation économique équitable et stable aux millions d’hommes et de femmes de ce secteur.

Une transition juste et équitable vers un système plus propre, offrira des opportunités stimulantes aux travailleurs et aux syndicats.

De nouvelles formes démocratiques de production et de fourniture d'énergie pourraient créer des millions d'emplois et accroître la participation et la responsabilité citoyenne.

Nous ne pouvons pas attendre que les solutions du marché se concrétisent. Les gouvernements doivent prendre l'initiative et promouvoir les solutions énergétiques propres, créatrices d'emplois verts qui permettront une transition vers une économie soutenable.

Lors de nos interventions aux conventions internationales comme les CdP, organisées sous l’égide de l’ONU, nous plaidons systématiquement pour des actions climatiques gouvernementales favorables au secteur public.

Pour l’ISP, la question climatique s’inscrit dans une lutte plus globale pour la justice économique. Par le biais de recherches et d'analyses sur les intérêts occultes qui freinent les progrès en ce sens, nous proposons des pistes de mesures permettant de surmonter les obstacles.

Anvic Villar Public Services Labor Independent Confederation (PSLINK)

"Nous sommes en première ligne dans la lutte contre le changement climatique"

Anvic est secouriste médical dans la petite ville de Bislig, sur la côte Est des Philippines.

Quand les ouragans et les typhons frappent sa communauté, il brave les dangers.

Les travailleurs/euses comme Anvic doivent faire face aux conséquences tragiques des catastrophes climatiques dont la fréquence et l'intensité ont déjà notablement augmenté.

Consultez le témoignage d’Anvic et son syndicat en vidéo, dans le cadre de la série de courts métrages "One Day" de l’ISP.


Video

Students from around the world went on strike on 15 March against government inaction on climate change. We supports this new generation of activists to build the political pressure required to tackle the global climate crisis. #FridaysForFuture #ClimateStrike #schoolstrike4climate

Video: Global Climate strike - 15 March 2019